Dimanche 30 janvier 2011 7 30 /01 /Jan /2011 16:19

Par Didier Missenard

Comme chacun le sait, cette année est la première où la formation des futurs enseignants du secondaire se fait dans le cadre d’un Master. La mise en place de la réforme ayant été difficile à suivre (pour être gentil avec ses auteurs…), rappelons quelles en sont les modalités actuelles.

Dans la première année (M1), les étudiants préparent l’écrit du concours et suivent des stages, en établissement, suivant des modalités qui varient suivant les académies et les universités. La seconde année (M2), l’écrit du concours a lieu en novembre. À partir de cette date, les étudiants préparent l’oral (qui a lieu en juin et juillet) et ont, en principe au printemps, un stage long en responsabilité dans un lycée ou un collège.

Pour obtenir la certification, les candidats doivent avoir leur Master validé, et réussir le concours.

Durant les deux années de Master, ils suivent donc en parallèle des compléments de mathématiques et des enseignements de pré-professionnalisation. Les modalités de ces Master, bien qu’habilités par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, sont variées, mais, surtout, les pratiques sont disparates : les universités sont bien armées pour enseigner aux étudiants des mathématiques, mais beaucoup moins pour ce qui est de la professionnalisation.

Mécaniquement, l’unique année de préparation au CAPES qui suivait l’obtention de la Licence a été scindée en deux : dans le nouveau dispositif, il est donc logique que, cette année, les effectifs soient moindres. Et en effet, cette année, on ne retrouve en M2, à peu près, que les étudiants qui avaient l’an dernier échoué au concours.

Les chiffres disponibles pour la session 2011 du CAPES de mathématiques sont les suivants : 3100 étudiants s’y sont inscrits, pour 950 places. On pourrait s’étonner du fait que ne se soient présentés aux écrits, qui ont eu lieu fin novembre, qu’entre 1300 et 1500 candidats ; on le sera moins quand on se sera rendu compte du fait que les dates d’inscription à la session 2011 ont été antérieures aux dates de publication des résultats du CAPES 2010 (vu l’évolution des dates de passation des écrits) et que, de ce fait, beaucoup de candidats admis en 2010 ont candidaté en 2011 (avant de savoir qu’ils étaient reçus). À titre de comparaison, pour le CAPES 2010, 2771 candidats étaient présents aux écrits pour 846 postes.

 Ainsi, cette année, le jury du CAPES sera face à un dilemme : soit il pourvoit tous les postes, et on peut s’interroger sur le niveau des reçus (et pas seulement des derniers), soit il ne les pourvoit pas, et ce sont les recteurs qui pourront s’inquiéter, car les 1050 postes correspondent à des besoins réels calculés par les académies à partir des prévisions de départ à la retraite… (pour information, depuis 1997, tous les postes ont été systématiquement pourvus).

 

À ce stade, le lecteur pourra se dire que ce n’est qu’une mauvaise année à passer, et que le dispositif fonctionnera mieux dans les années suivantes.

Ce serait sans compter sur le nombre d’étudiants de M1. Via la CORFEM (une commission inter-IREMs qui réunit les formateurs en mathématiques du réseau des IUFM), une enquête vient d’être menée : elle décompte moins de 600 étudiants, au total, dans les 41 universités qui ont répondu (et il ne doit pas en manquer beaucoup parmi toutes celles qui offrent un Master de préparation au CAPES de Mathématiques).

Comme, au CAPES 2011, il ne devrait pas y avoir beaucoup de recalés ( !), l’on peut penser que ces 600 étudiants de M1 seront quasiment les seuls à se retrouver l’an prochain en M2, où ils composeront le gros bataillon des inscrits au CAPES 2012 (pour un nombre de postes qui ne devrait pas beaucoup changer). Certains argumenteront alors que des étudiants munis d’autres Master pourront s’y inscrire, puisque l’inscription n’est pas corrélée à un Master précis. Si ce pronostic s’avère exact, peut-être le nombre d’inscrits sera-t-il supérieur alors au nombre de postes proposés (on peut rêver…) ; mais ces nouveaux étudiants n’auront suivi aucune formation professionnelle et arriveront, s’ils obtiennent le concours, avec un plein service devant les classes. Connaissant ce que sont actuellement les classes de Collège ou de Seconde, on ne peut que s’en inquiéter.

 

Ainsi, pour le millésime 2011, le CAPES ne verra candidater quasiment que des étudiants ayant échoué l’année précédente, et en faible nombre. Quels que soient les choix du Jury, les admis ne devraient pas être du meilleur cru : leurs lacunes peuvent être disciplinaire (le niveau en maths), ou professionnelles (la difficulté à communiquer à l’oral, par exemple). Dans les deux cas, la qualité de ces futurs enseignants risque de ne pas être au rendez-vous, aux dépends de l’éducation des générations à venir.

 

Tentons maintenant d’analyser les raisons du faible nombre d’étudiants en M1, car pour le millésime 2012, c’est donc aussi le faible nombre de candidats qui est à craindre. Mais les raisons ne sont pas à rechercher dans l’évolution du dispositif. Que s’est-il passé pour que les étudiants fuient soudain les préparations des concours ? Probablement l’histoire mouvementée de la réforme de la formation des maîtres en a-t-elle découragé plus d’un. La non-pertinence d’une formation professionnelle hors profession peut aussi (à bon droit) faire craindre aux étudiants qu’ils n’arrivent dans les classes bien démunis. D’autant, on l’ignore souvent, que les débouchés, après des études de mathématiques, sont abondants, en dehors de l’enseignement.

Cette chute couronne, certes, une longue période de baisse, puisque, des 8000 présents aux épreuves écrites de 1997, on n’en retrouvait plus que 2800 en 2010, alors que le nombre de poste est resté à peu près constant. Néanmoins, cette baisse tendancielle montre là une accélération inédite.

 

Nombreux sont ceux qui ont pensé que cette réforme obérerait gravement l’avenir. Pour les mathématiques au moins, ces chiffres en apportent un début de preuve. Bâtie sur des présupposés idéologiques (pour faire court : « pour enseigner, seuls les savoirs comptent »), mal menée par les deux ministères intéressés (qui s’en sont tout simplement désintéressés), la réforme a abouti à un dispositif improvisé, où universitaires (pour les étudiants) et recteurs (pour les stagiaires) ont dû mettre en hâte en place des dispositifs conçus simplement pour minimiser les dégâts. J’ai peur que leurs efforts ne soient en grande partie vains. Les mois qui viennent nous donneront des éléments supplémentaires pour évaluer les conséquences de cette évolution.

Par marie professeur
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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 13:46

Les notes servent actuellement à donner son avis sur chaque élève, en fonction des atomes crochus que le prof a avec tel ou tel élève. On additionne le nombre d'items acquis pour faire valoir la qualité de son enseignement et mesurer la docilité servile de l'élève. Les notes notent finalement le prof, qui est un bon dresseur, qui fait bien bachoter sa classe... 

C'est un moyen de pression pour faire régner le silence dans la classe, et crisper ceux qui y arrivent le moins (ou trop lentement). Dans la représentation actuelle, tous les élèves ne peuvent pas être bons, il faut un classement et briser certains qui n'ont pas l'air assez équilibrés, intelligents, sûrs d'eux, épanouis, dociles, soigneux,... Comme si d'avance, on savait qu'ils n'y arriveraient pas ! 

Surtout qu'on fait payer à l'enfant les difficultés de ses parents. C'est vrai qu'il y a des pré-requis à ce que je propose... Régler les problèmes des parents avant tout ! L'Ecole est l'un des rares lieux que tous les enfants sont obligés de fréquenter. C'est souvent le seul endroit où les enfants sont en contact avec le monde extérieur ; mais personne ne les aide, et les parents deviennent intouchables comme si la maternité et la paternité leur donnaient tous les droits. Or ce n'est pas parce qu'on est parent (même aujourd'hui, avec l'accès à la contraception et la possibilité d'avorter), qu'on est bon parent. Tant d'irresponsables copulent et enfantent... 

L'enseignement devrait être le fait d'un précepteur qui s'occupe d'un enfant, en s'adaptant à son mode de pensée, pour acquérir le plus vite et le plus efficacement possible les bases (le fameux "tronc commun"). Un autre prof que lui devrait noter les contrôles de ses élèves avec un système d'items acquis / non-acquis. Le but n'est pas de comptabiliser le nombre d'acquis (ce que fait actuellement le système de notes), mais revoir et reprendre avec l'élève les items non-acquis

Parce que ce qui compte, c'est que l'enfant sache, maîtrise, connaisse ; pas qu'il "ne présente pas les qualités requises pour un passage dans la classe supérieure". 

Si un précepteur choisissait ses élèves, les faisait travailler en groupe de 4-5, et leur faisait régulièrement passer des tests individuels, en consacrant son temps à enseigner (apprendre aux élèves ce que le gouvernement a donné comme items précis et défini comme connaissances indispensables), il ne passerait pas son temps à chercher comment mettre en place des exercices à partir des intitulés évasifs de l'Education Nationale.

L'avantage de nationaliser les exercices et examens, c'est que tous les enfants auront vraiment le même niveau, la sensibilité de tel prof n'interviendra pas. Pourquoi attendre la fin du primaire ? On peut faire tous les contrôles au niveau national. Cela homogénise le niveau des élèves, les met à égalité, et permet à tous les élèves de valider non seulement leur passage vers des apprentissages plus approfondis au collège puis au lycée, mais leur permet de vivre quotidiennement alphabétisés et capables de compter.

Actuellement, les profs n'ont pas conscience que l'Ecole est publique et gratuite parce que les bases qu'on y apprend sont INDISPENSABLES : il s'agit de (sur)vivre tous les jours, grâce à ces connaissances. C'est important de savoir lire pour déchiffrer un article de journal et donc se faire une opinion politique, cuisiner, lire le courrier, pouvoir se défendre à l'occasion. C'est important de savoir compter, pour retirer de l'argent de son compte bancaire sans qu'il soit à découvert, pour rendre la monnaie, pour savoir jusqu'à combien on peut aller, sachant qu'il y  aussi telle dépense et tel prélèvement. 

Ces connaissances de base sont élémentaires, pour vivre à l'âge adulte, c'est-à-dire digne, AUTONOME. Savoir lire et compter sont les clés de l'estime de soi, et c'est aussi ce qui permet de juger en tant que citoyen, seul et capable, sans l'influence d'autrui. Kant disait que l'Homme arrive à l'âge de la maturité quand il est autonome, et c'est précisément le rôle de l'éducation : donner à chaque enfant les moyens de passer de la minorité hétéronome et la majorité autonome. Pas la plus grande partie des enfants d'une classe d'âge, mais chacun ! 

En ce sens, les profs forment les citoyens de demain. Rien à voir avec un enrôlement de lycéens, par un prof plus militant que fonctionnaire, dans les manifestations inévitablement annuelles... 

En dernier ressort, la maîtrise des bases (lecture, écriture et calcul) est la clé du bonheur, pour ceux du moins qui considèrent la liberté et l'autonomie comme la base du bien être, à côté du confort et autres conditions matérielles. Mais qui parle de bonheur à l'école et dans la vie active, aujourd'hui ? Qui se soucie de la future autonomie des élèves ? Qui prépare demain ? 

Marie

Par marie professeur
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 14:40

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20101116.OBS3046/les-notes-a-l-ecole-pour-quoi-faire.html

"Non, Gabriel n'aime pas l'école. Il n'a pas de bonnes notes. "J'ai peur de la maîtresse, qu'elle me punisse, qu'elle s'énerve", dit-il. Gabriel redouble son CE2. L'année dernière a été pénible : "Quatre filles se moquaient de lui parce qu'il était mauvais élève", raconte sa mère, assise sur le canapé de ce petit appartement juché dans une tour du 13e arrondissement de Paris. Sur le buffet, des poupées martiniquaises en robe de madras veillent sous des plastiques. " A la Toussaint, le directeur m'avait dit que j'allais redoubler", ajoute Gabriel. Un échec annoncé huit mois à l'avance ? Il croit que c'est de sa faute. A 10 ans, il n'est pas encore assez grand pour se mettre en colère contre une école qui note, classe et casse. Et qui vous lâche quand vous n'y arrivez pas.

Des enfants comme Gabriel, l'Afev en suit près de 10 000 en France cette année. Pour la troisième année consécutive, elle publie un sondage réalisé auprès d'eux par Trajectoires-Reflex, un cabinet d'études des politiques publiques . "A l'école, 43% des élèves ont souvent mal au ventre avant d'aller en classe, 24% ont le sentiment que le maître les dévalorisent et les sanctionnent, 31% pensent qu'il ne s'intéresse pas à eux, et un enfant sur deux pense qu'il ne va pas arriver à faire ce que le maître lui demande, et craint de montrer ses notes à ses parents", cite Eunice Mangano, une des responsables de l'Afev. Des chiffres qui font écho aux résultats des enquêtes de l'OCDE sur le bonheur à l'école. La France est 22e sur 25. Stress, peur de ne pas bien répondre... Pour tous ces élèves, le stigmate de l'échec, c'est la mauvaise note. L'Afev réclame d'autres manières de travailler : plus de solidarité, de coopération ; moins de compétition, de jugements de valeur. Pour forcer ce changement, il faut porter le fer au cœur du système. L'association lance donc un appel solennel pour supprimer les notes à l'école primaire. Parmi les premiers signataires : le généticien Axel Kahn, l'ancien Premier ministre Michel Rocard, l'écrivain Daniel Pennac...

" Les études de psychologie scolaire montrent bien comment les évaluations négatives font naître un sentiment fort d'incompétence. La personne finit par penser qu'elle est nulle", résume le sociologue de l'éducation Pierre Merle. Les pédopsychiatres en reçoivent dans leur cabinet, de ces enfants malades de l'école. Marcel Rufo, à Marseille : "Près de la moitié de mes patients souffrent des conséquences des difficultés scolaires. Les notes blessent l'enfant et ses parents" Parfois même de façon spectaculaire. Vincent Rouard, directeur d'école à Evry, dans l'Essonne, se souvient d'Emilie, qui avait perdu tous ses cheveux en CE2 parce qu'elle avait peur de ne pas réussir.

Et la situation s'aggrave. "Depuis les années 1970, constate l'historien de l'éducation Antoine Prost, le rôle des notes s'est accentué avec la course au diplôme."

Une aberration puisque toutes les études en psychologie sociale montrent que la motivation scolaire dépend de l'estime de soi, du sentiment de sa compétence à apprendre. " Les bonnes pratiques allient une absence de compétition et une évaluation qui se fait sous forme de remarques constructives, pour que l'élève sache ce qu'il doit faire pour s'améliorer", résume Pascal Bressoux, qui dirige le laboratoire des sciences de l'éducation à l'université de Grenoble. Lire en haut de sa copie qu'il faut revoir l'accord du participe passé ou la définition de la médiane est plus utile qu'une simple note en rouge.

Le ministère de l'Education essaie bien de faire évoluer ces pratiques. En 1969, par exemple, il tente de remplacer les notes par des lettres : A, B, C, D. Un fiasco. Les professeurs ont vite fait d'introduire des A+, des A–... Ce qui revient au même que les notes. Mais la loi de 2005 pour l'avenir de l'école a marqué une nouvelle étape avec le livret de compétences. Les instituteurs sont tenus désormais, pour chaque élève, d'évaluer des dizaines d'aptitudes fines en consignant A pour Acquis, NA pour Non Acquis, EVA pour En Voie d'Acquisition. Attentif aux recommandations de l'OCDE, le ministère étend cette année l'usage de ce livret aux années collège. Pour la première fois, les élèves qui passent le brevet vont voir leurs compétences prises en compte, en langues étrangères notamment. Au ministère, la démarche de l'Afev ne semble pas extravagante. " Cet appel n'est pas en contradiction avec nos préoccupations, confirme Jean-Michel Blanquer, à la tête de la Direction générale de l'Enseignement scolaire (Dgesco). Mais nous sommes prudents. Nous cheminons vers un autre système d'évaluation, tout en évitant de faire tout, tout de suite, de manière excessive."

Reste que dans les classes la majorité des instituteurs, du CP au CM2, continue de mettre des notes. Elles font tellement partie de la culture française... " Les professeurs ont rempli les livrets de compétences, mais ils ont continué de faire des bulletins de notes, parce que les parents les réclamaient", raconte Laurence Squarcioni, institutrice dans les Alpes-Maritimes. Les enfants aussi. "Quand on rend des devoirs, ils sont tous en train de se demander : t'as eu combien ?" Et pour les parents, elles résument la journée : "T'as eu quelles notes aujourd'hui ?" est la question rituelle du soir. Tout le système se tient.

On peut pourtant faire autrement. A Tours, Bertrand Gimonnet, les cheveux gris retenus en catogan, ne met plus de notes depuis vingt ans. "Je veux que mes élèves se concentrent sur les progrès qu'ils ont à faire." Tout est un peu différent dans sa classe de CM2 : la disposition de tables en U, le bureau du professeur dans le fond, et Guislaine, au tableau, qui présente un livre qu'elle a lu. Les mains se lèvent. Joachim : "Tu as bien lu, mais je n'ai pas compris quand se passe l'histoire." Louise : "Tu as bien articulé." On s'évalue en s'encourageant. Les collègues de Bertrand Gimonnet sont réservés. « Moi, je continue à mettre des notes. Il faut bien préparer les élèves à ce qui va se passer en sixième », explique Catherine, qui a comme lui une classe de CM2. Bertrand Gimonnet est très bien noté par sa hiérarchie et il reçoit régulièrement les futurs professeurs des écoles dans sa classe. Trois fois dans l'année, Bertrand Gimonnet fait une entorse à son évangile : ses élèves, comme tous ceux qui sont en CM2 dans l'académie, passent des évaluations. L'instituteur ne rend pas les résultats en classe. "J'en parle seulement avec les parents." Ça semble tellement simple."

Caroline Brizard

Par marie professeur
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Jeudi 11 novembre 2010 4 11 /11 /Nov /2010 13:12

Jouons le jeu jusqu'au bout, et imaginons que le prochain gouvernement mette en place un système de préceptorat, disons le temps du primaire, déjà. Le but étant d'avoir coûte que coûte un enfant capable de vivre en société, par la maîtrise des bases de connaissances (écriture, lecture, calcul). 

Après un examen d'entrée au collège (pour reprendre l'idée de Copé), imaginons les enfants entrer au collège : auront-ils réellement tous le même niveau ?

Supposons que oui : seul le goût pour les études distinguerait donc les élèves. Les élèves, jeunes collégiens, se sentiront-ils à égalité (puisqu'ils ont tous le même niveau scolaire) ? 

Cela permettrait à tous les élèves d'avoir cette base indispensable qu'est le tronc commun, et les profs du collège pourraient enseigner vraiment le programme de leur degré, sans avoir à reprendre les fondamentaux. Les élèves auraient un aperçu meilleur sur les métiers qui les attendent, et ils seraient donc en mesure de choisir leur voie en connaissance de cause - donc ni par dépit, ni par ignorance. 

Dans un monde qui devient de plus en plus eugéniste et sélectif, au nom de la rentabilité, les études iraient plus vite, et les profs pourraient donc approfondir leurs cours. Il n'y aurait pas à attendre 25 ou 30 ans pour qu'un enfant devenu adulte accède au monde du travail...

On pourrait aussi multiplier les occasions de stages d'observation dans des métiers différents, pour les élèves durant le collège et après. Puisqu'il coûte si cher de réorienter un adulte, pourquoi attendre le dernier moment pour faire des expériences professionnelles vraiment concrètes ?  

L'intérêt de jeunes travailleurs, c'est qu'ils apprennent plus vite, s'adaptent plus facilement, et leur jeunesse leur permet d'être encore frais, vifs, créatifs, originaux. Ils sont pleins de propositions, d'idées, leur manière de voir les choses est innovante. Ils sont encore dans la culture de leurs pairs, ce qui permet de mieux connaître les intérêts et les représentations des adolescents. En les recrutant, on aurait enfin vraiment des ados qui parlent à des ados, pas des adultes qui projettent leurs représentations sur des ados.  

Au lieu de parachuter des jeunes adultes la tête farcie de concepts dans la jungle de la vie active, comme c'est le cas avec la masterisation, pourquoi ne pas imaginer un système de compagnonnage, où la prof titulaire choisit à la rentrée sa stagiaire, et elles travaillent ensemble le temps qu'il faut pour que la titulaire remette avec confiance sa classe à la stagiaire ? Et on peut appliquer ce système de tuillage dans tous les métiers. Comme dit le proverbe, c'est en forgeant qu'on devient forgeron. 

Puisque c'est le manque de pratique qui pose problème remédions à cette lacune du système français, au lieu d'espérer que ça s'arrangera tout seul, comme le soutiennent les défenseurs du libéralisme économique. Le déni n'a jamais réglé aucun problème !

Marie 

Par marie professeur
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Jeudi 11 novembre 2010 4 11 /11 /Nov /2010 12:44

Au nom de l'égalité, la Révolution a ouvert au Tiers-Etat des droits réservés jusque là à la noblesse.

La propriété, le droit de vote, la nation qui devient souveraine dans des domaines variés. Les privilèges de certains sont devenus le droit de tous.

Mais dans ce transfert, on peut tout à fait s'attendre à ce que les Révolutionnaires donnent aux enfants de l'ensemble du peuple la même éducation que les princes. Je parle du précepteur, comme Bossuet fut le précepteur du Dauphin, par exemple. 

Certes, ce n'est pas dans l'esprit d'une nation qui se construit, mais après tout, n'est-ce pas un but à atteindre, maintenant que la république est installée ? N'est-ce pas ce qu'on souhaite le plus : avoir une éducation adaptée à chaque enfant, personnalisée ? 

Ou bien, est-ce que cela remet en cause l'affirmation première de 1789 : "les hommes naissent et demeurent libres et égaux" ? Car, mettre en évidence la supériorité de l'éducation personnalisée, cela implique que les enfants ne naissent pas égaux, mais avec leur forme d'intelligence et leur personnalité qui les rendent trop différents pour bénéficier autant d'un enseignement commun. 

La démocratie est impuissante face à un individualisme qui triomphe, au nom de la méritocratie...

Marie 

Par marie professeur
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