Vendredi 14 juillet 2006
5
14
/07
/Juil
/2006
10:26
En ce jour de défilé militaire de la fête nationale, je m'interroge sur les liens entre l'école et la guerre.
La guerre est un mal qui semble être éternel, ou du moins, elle existe depuis bien plus longtemps que l'école. On dirait que l'école a été créée comme ultime solution pour arrêter la guerre. Il me semble que C dans les textes humanistes de la Renaissance qu'on lit pour la première fois l'idée que l'instruction doit servir de barrière contre la barbarie de la guerre. Cette forme d'éducation, car il s'agit alors non plus seulement d'enseigner mais aussi d'éduquer, ouvre la voie de la tolérance et de l'ouverture vers autrui, le respect et la recherche du compromis, des points communs au-delà des différences. Cette conception prend l'enfant à éduquer dans son ensemble, dans une perspective holistique de l'enseignement (dispensatrice de tous les savoirs et de là, de tous les biens).
Corrolairement, la célèbre phrase de V. Hugo :
"ouvrir une école, C fermer une prison"
indique qu'au XIX° siècle encore, il existe une confiance dans l'Ecole assez forte pour laisser croire qu'elle est capable de résoudre tous les maux. En fait, l'enseignement humaniste ne prend de sens que si l'Ecole est reconnue et respectée, ce qui n'est malheureusement tjs pas le cas général, en ce début de XXI° siècle.
A vrai dire, je ne connais rien à l'armée et j'ignore quelle démarche elle a adoptée pour le service militaire. Pour cette raison, il me semble que l'armée a qq chose à dire sur la pédagogie, même s'il ne s'agit que des garçons et à l'âge adulte (ce qui se rapporche donc plus de la formation continue). Pendant les siècles qui ont précédé la généralisation de l'Ecole et la scolarisation de masse, l'armée alphabétisait et donnait une formation religieuse, morale, civique (quel est le terme pour "en tant que sujet du Roi" ?). L'armée n'inculquait pas les bonnes manières (pillages et viols firent tristement tjs partie de "la loi de la guerre") et embriguadait plus qu'elle ne laissait jouer le libre-arbitre, mais elle a quand même instruit la tactique, le maniement des armes,
"l'ordre et la discipline"
(pour qu'une armée puisse triompher et vaincre, il est nécessaire que les rangs soient parfaitement serrés, que le dévouement soit total, qu'il n'y ait ni insubordiantion ni sédition,...) donc une certaine tenue des corps, une certaine ascèse. Et quand on regarde l'Ecole moderne aux XVI° et XVII° siècles, on voit que le contrôle du corps joue encore un rôle important dans l'Education.
Bien sûr aussi, ce n'est pas grâce à l'armée que la hiérarchie sociale s'est effacée ! Cela vaudrait le coup de savoir comment on fait les chefs révolutionnaires pour gérer leur nouvelle armée de volontaires, quand il ont eu affaire à la coalition des pays voisins monarchistes (en l'occurrence, il ne s'agit là que des Prussiens, et leur alliance avec les Autrichiens les ont déservis en tournant à la rivalité), et que pour la première fois, la défense nationale était aux mains du peuple français. Quelles étaient leurs origines ? leurs motivations ? Qu'ont-ils mis en avant pour exhorter leurs troupes au combat ?
Il faut pouvoir justifier devant son esprit et sa raison la victoire de Valmy (20 septembre 1792)...
Marie
Derniers Commentaires