Lundi 17 juillet 2006 1 17 /07 /Juil /2006 14:40

Je suis en train de commencer "Ma Vie", l'autobiographie de Jung. Ce récit du célèbre psychanalyste est si intéressant que je peine à l'abandonner pour un livre de pédagogie plus récent. Mais bon, comme je viens juste d'acquérir Jung, je peux me permettre de remettre à plus tard la lecture d'un livre acheté, alors qu'un livre emprunté ne peut pas rester indéfiniment sur mon bureau...

Voici les livres qu'il faut que je lise d'ici début août : "les formes d'intelligence" de Gardner, "les enfants inadaptés", un QSJ de Roger Perron, "Pourquoi et comment j'enseigne le b. a.-ba" de Rachel Boutonnet, bien sûr  "Pourquoi nous racontons-nous des histoires ?" de Bruner, et enfin des livres sur l'interprétation de dessins d'enfants (sujet passionnant, car je suis sensible à la question du fait de mon stage en maternelle).

Parallèlement à mes lectures, je voudrais entrentenir mon allemand et mon anglais, histoire de ne pas arriver chez ma correspondante allemande à la fin de ce mois de juillet incapable de me faire comprendre ! D'autant que les parents ne parlent pas un mot de français...

Bon, réflexion faite, je commence par l'allemand !

Marie

 

Par marie professeure des écoles - Publié dans : marieprof
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Vendredi 14 juillet 2006 5 14 /07 /Juil /2006 10:26

En ce jour de défilé militaire de la fête nationale, je m'interroge sur les liens entre l'école et la guerre.

La guerre est un mal qui semble être éternel, ou du moins, elle existe depuis bien plus longtemps que l'école. On dirait que l'école a été créée comme ultime solution pour arrêter la guerre. Il me semble que C dans les textes humanistes de la Renaissance qu'on lit pour la première fois l'idée que l'instruction doit servir de barrière contre la barbarie de la guerre. Cette forme d'éducation, car il s'agit alors non plus seulement d'enseigner mais aussi d'éduquer, ouvre la voie de la tolérance et de l'ouverture vers autrui, le respect et la recherche du compromis, des points communs au-delà des différences. Cette conception prend l'enfant à éduquer dans son ensemble, dans une perspective holistique de l'enseignement (dispensatrice de tous les savoirs et de là, de tous les biens). 

Corrolairement, la célèbre phrase de V. Hugo :

"ouvrir une école, C fermer une prison"

indique qu'au XIX° siècle encore, il existe une confiance dans l'Ecole assez forte pour laisser croire qu'elle est capable de résoudre tous les maux. En fait, l'enseignement humaniste ne prend de sens que si l'Ecole est reconnue et respectée, ce qui n'est malheureusement tjs pas le cas général, en ce début de XXI° siècle.

A vrai dire, je ne connais rien à l'armée et j'ignore quelle démarche elle a adoptée pour le service militaire. Pour cette raison, il me semble que l'armée a qq chose à dire sur la pédagogie, même s'il ne s'agit que des garçons et à l'âge adulte (ce qui se rapporche donc plus de la formation continue). Pendant les siècles qui ont précédé la généralisation de l'Ecole et la scolarisation de masse, l'armée alphabétisait et donnait une formation religieuse, morale, civique (quel est le terme pour "en tant que sujet du Roi" ?). L'armée n'inculquait pas les bonnes manières (pillages et viols firent tristement tjs partie de "la loi de la guerre") et embriguadait plus qu'elle ne laissait jouer le libre-arbitre, mais elle a quand même instruit la tactique, le maniement des armes,

"l'ordre et la discipline"

(pour qu'une armée puisse triompher et vaincre, il est nécessaire que les rangs soient parfaitement serrés, que le dévouement soit total, qu'il n'y ait ni insubordiantion ni sédition,...) donc une certaine tenue des corps, une certaine ascèse. Et quand on regarde l'Ecole moderne aux XVI° et XVII° siècles, on voit que le contrôle du corps joue encore un rôle important dans l'Education.

Bien sûr aussi, ce n'est pas grâce à l'armée que la hiérarchie sociale s'est effacée ! Cela vaudrait le coup de savoir comment on fait les chefs révolutionnaires pour gérer leur nouvelle armée de volontaires, quand il ont eu affaire à la coalition des pays voisins monarchistes (en l'occurrence, il ne s'agit là que des Prussiens, et leur alliance avec les Autrichiens les ont déservis en tournant à la rivalité), et que pour la première fois, la défense nationale était aux mains du peuple français. Quelles étaient leurs origines ? leurs motivations ? Qu'ont-ils mis en avant pour exhorter leurs troupes au combat ?

Il faut pouvoir justifier devant son esprit et sa raison la victoire de Valmy (20 septembre 1792)...

Marie  

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Jeudi 13 juillet 2006 4 13 /07 /Juil /2006 22:40

Dans sa mauvaise humeur, ma petite soeur copie le comportement de désespérée que G adoptée en dernier recours pour faire changer les parents, ce qui me permet de m'en éloigner avec plus d'objectivité, tout en comprenant le ridicule que je me suis donné à chaque fois. Je crois que Jeanne ne réalise que maintenant qu'elle va vivre avec ses parents pour encore qq années, et cette perspective l'effraie (voire la rend dingue).
Le fait qu'elle copie ma démarche, mon état d'esprit ne me permet pas de montrer que C une situation universelle et objective. Je remarque cependant que ma petite soeur se retrouve dans mon analyse (certes quand elle est fatiguée et vient d'essuyer une déception dans ses études), et donc, que ce dernière peut être appliquable plus généralement en ce moment à notre tranche d'âge, dans le milieu social et culturel, le quartier, l'environnement qui nous est apparenté. Peut-être même les clichés qui nous forgent et qu'on nous colle sur le front.
Elle nous a raconté ce soir que jusque l'âge de 15 ans, elle n'a jamais compris quel tome des 10 volumes du Larousse il fallait consulter en cas de besoin.
Au-delà des difficultés de subsomption (pour subsumer, pour penser par analogie déductive, du cas particulier trouver la formule générale commune, algorithmique en qq sorte) qui a l'air propre à notre génération 'lecture globale', je constate qu'il faut vraiment tout expliciter, parce que C le seul moyen pour prévenir les erreurs et les incompréhensions des enfants, étant donné qu'ils sont imprévisibles, et qu'on ne peut sentir là où ils vont bloquer, ou nous surprendre par leurs facilités.
Marie

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Jeudi 13 juillet 2006 4 13 /07 /Juil /2006 22:35

le tome 1 de ses "leçons psychanalytiques" portent sur le lien inconscient entre frères et soeurs.
L'auteur, P.-L. Assoun, remarque d'entrée que le terme allemand qu'emploie Freud est "Geschwister", neutre collectif qui réunit garçons et filles sous le même vocable désexualisant.
Si ce constat a de la valeur pour ce qui est du cabrement égoïste de l'aîné face à la naissance d'un cadet, Freud met l'accent sur l'entrée dans le rapport des sexes au contraire, et donc sur le caractère sexué d'une fratrie.
Outre ce point, l'auteur parle du transitivisme, qui

"désigne la forme qui prècède immédiatement l'instant où l'enfant saura distribuer sans erreur entre lui et autrui les états ou les actes qu'il perçoit" de sorte "qu'il lui arrive d'attribuer à d'autres personnalités ce qui est exclusivement sien"

. Assoun cite ici un certain Wallon...
La grande idée d'Assoun, c'est que l'aîné a d'abord un regard d'envie sur son cadet, désire la mort de son frère vu en rêve sous le symbole d'insectes ("Ungeziefer" cf. la Métamorphose de Kafka), et après le rejet du cadet, qui incarne un puissant "pousse-à-savoir" sexuel, le cadet est finalement réintégré comme un double avec lequel on s'accommode, voire avec lequel naît une complicité presque sincère (la horde de frères -Brüderschar- tuant symboliquement le père grâce à leur union honteuse), étant donné que le frère et la soeur sont vus comme ersatz, comme pis-aller remplaçant respectivement le père et la mère, accès à la sexualité de substitut, donc. Il arrive même que la soeur voit dans son frère un interdit et de là, un idéal de l'amour inaccessible au même niveau que son père (prohibition de l'inceste oblige). Cela m'a rappelé le Cantique des Cantiques, quand l'Epoux et l'Epouse souhaitent être frère et soeur, pour que leur proximité ne soit pas mal vue

("Ah ! que ne m'es-tu un frère / allaité au sein de ma mère ! / te rencontrant dehors, je pourrais t'embrasser / sans que les gens me méprisent."

s'écrie la Bien-aimée). Il s'agit tjs du même topos de la fratrie, d'avoir grandi ensemble et donc se connaître mieux qu'entre époux d'un mariage si longtemps arranG...
Marie

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Jeudi 13 juillet 2006 4 13 /07 /Juil /2006 21:47

voici un commentaire du livre que je viens de finir : "la naissance du sens" de Boris Cyrulnik.

le livre de Cyrulnik date de 1995 et croise les sciences sociales de l'anthropologie, la zoologie (et plus particulièrement l'éthologie des animaux), et la psychologie.
L'auteur montre que l'Histoire est ce qui différencie les Hommes des autres animaux, après avoir précisé qu'il voulait éviter de tomber dans le piège de l'anthropocentrisme et son excès inverse, un nouvel anthropomorphisme qui trouve dans Darwin.

Le pointer du doigt

 est également un élément-clé chez Cyrulnik, qui y voit une différence fondamentale lourde de conséquence et déterminant pour discriminer Hommes et animaux. Ainsi, chez Cyrulnik, "l'ontogénèse du gobelet" a trois stades : le premier consiste à voir la chose, ensuite à penser la chose en tant qu'outil, et enfin, à percevoir l'objet comme sensé (il est alors socialisé par l'Homme).
On y trouve aussi d'inattendues pages sur l'olfaction, un premier sourire très émouvant, et même un passage plutôt incroyable sur le tabou des incestes réussis (ce qui est quand même très particulier comme situation, et moins rare que ce que je pensais !).
L'amour avec lequel on entoure un nourrisson est le soutien principal du développement et du goût du risque (de la curiosité) chez l'enfant. Le fait d'être choyé, soutenu dans ses progrès, sentir la confiance que ses parents mettent en lui donne à l'enfant les moyens de s'épanouir et le courage d'appréhender le monde. Le soutien affectif est donc la clé du développement de l'enfant chez B. Cyrulnik. Je trouve que C vrai quand je consulte ma propre vie et quand je regarde les petits enfants autour de moi. Evoquant les objets d'attachement, l'auteur ajoute qu'il peut aussi bien s'agir d'une personne que d'un objet, ce qui est plus général et donc a fortiori plus juste.

le test de Q.I.


G particulièrement apprécié le moment où il fait remarquer qu'un enfant maltraité est tellement travaillé par la crainte d'être battu que sa perception du monde en est atrofiée. Si on lui fait passer un test d'intelligence dans cette période noire de sa vie, il obtiendra des résultats médiocres, ce qui l'enfoncera tjs plus dans la tristesse et à partir du test réputé objectif, on lui fera subir dans une réorientation vers des métiers plus faciles que ce qu'il est capable de faire dans de meilleures conditions. Si ce test n'a lieu que qq jours plus tard, quand il a trouvé un prof, un éléve, un adulte quelqu'il soit qui lui a redonné le goût de vivre et le moyen de s'en sortir, son test en sera bien meilleur, ses capacités redoublées et il aura un avenir qui lui correspond mieux, où il pourra vraiment s'épanouir.
Je crois que la France devrait appliquer cette méthode plus systématiquement encore, car tous les cas qui lui échappent encore continuent de faire des malheureux de moins en moins nombreux et de ce fait, de plus en plus mal compris, et de moins en moins pris en charge : à la fin, le présupposé veut que, cette règle étant si connue et si bien appliquée, chaque personne rejette sur autrui la responsabilité de l'enfant en difficulté, et remet sa prise en charge tjs à plus tard...
Marie

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